Le musée lapidaire, collection archéologique de la Fondation Calvet
Plusieurs civilisations sont représentées : La Grèce et la
Grande-Grèce (Italie du Sud), l'Etrurie et Rome, la Gaule romaine et
paléo-chrétienne.
Des œuvres monumentales - bas-relief, sculptures
en ronde bosse, stèles et inscriptions, sarcophages - et des objets de
la vie quotidienne (vases de terre cuite, verrerie, bijoux, bronzes) sont exposées.
Le musée Lapidaire se situe depuis 1933 dans la chapelle du collège des Jésuites construite au XVIIe siècle au cœur d'Avignon. Ce superbe exemple d'architecture baroque a été édifiée par Etienne Martelange puis par François de Royers de la Valfenière (1575-1667) qui reprit ce chantier après huit ans d'interruption.
L'édifice présente un plan d'une grande sobriété, composé d'une nef
unique, précédée d'un Narthex et aboutissant au Chœur, constitué d'une
courte travée et d'une abside pentagonale bordée de deux sacristies. La
nef est flanquée de part et d'autre de cinq travées trouées d'arcades et
dominées par des tribunes à balustres (voir plan du musée)

Au-dessus des tribunes, se superposent une frise à décor végétal, une corniche, l'attique et de vastes baies actuellement murées d'un côté et autrefois pourvues de vitraux. L'ensemble frappe par sa majesté, bien que le bâtiment ait subi de nombreuses modifications et dégradations comme en témoigne la configuration actuelle du chœur.
Le musée fut créé pour accueillir les sculptures antiques et médiévales conservées dans l'Hôtel de Villeneuve-Martignan, mais aussi en plein air dans sa cour d'honneur, cette considérable collection d'archéologie qui, partant du fonds légué par Esprit Calvet, s'était notablement accrue au fil des ans.
Esprit Requien (1788-1851),important donateur et Exécuteur testamentaire de la Fondation Calvet de 1838 à 1851, suscita nombre d'achats dans la première moitié du XIXe siècle. C'est lui qui, en 1841, négocia avec opiniâtreté l'acquisition de sculptures grecques amassées au XVIIIe siècle par une illustre famille aristocratique vénitienne, celle des Nani. Au début du XIXe siècle, ce magnifique ensemble, présenté dans le palais de San Trovaso, fut démantelé puis dispersé dans les grands musées européens et américains.

A l'origine, les œuvres rassemblées au musée Lapidaire comportaient essentiellement des séries gallo-romaines en pierre : cippes et autels funéraires, inscriptions honorifiques, sculptures en ronde bosse dont
la Tarasque de Noves, (monstre androphage, œuvre emblématique de la section archéologique), les statues funéraires des guerriers de Vachères et de Mondragon, la Vénus de Fourrière, le Jupiter de Séguret...etc
Ce fonds s'est récemment enrichi
d'antiquités grecques et égyptiennes jusqu'alors exposées au musée
Calvet. Une stèle attique classique représentant une jeune fille élevant
une poupée à l'attention de sa servante constitue un des fleurons de
la collection grecque. La série des vases grecs abonde en créations
italiotes du IVe siècle avant J.-C. Une amphore loutrophore sans anses,
attribuée au Peintre de Baltimore, un des meilleurs peintres apuliens
de la seconde moitié du IVe siècle avant J.-C, retient l'attention par
la richesse de son iconographie et l'inventivité de son décor. Par
ailleurs, la collection comporte une importante série d'urnes
étrusques en pierre, albâtre, terre cuite et quelques urnes romaines de
marbre dont celle de Silius Herma, décoré de putti vendangeurs.
Une partie de la collection égyptienne figurait également dans ce musée mais a été déménagé au
Musée Calvet à l'occasion de
l'exposition "Fastueuse Egypte",
notamment une belle série de stèles funéraires dont la stèle de
Pthamose, l'ex-voto familial de Yaï, ainsi qu'un hippopotame d'albâtre
datant de l'Ancien Empire, la pièce la plus ancienne de la collection de la Fondation Calvet.